Le Daïto Ryu Aïki Jujutsu

Les origines de cette école très ancienne sont difficiles à déterminées. Le KOJIKI ou « Livres des choses anciennes » fait mention d’une lutte fratricide entre les dieux Kashima et Katori, dieux des arts martiaux, contre Takemi Nakata. Le récit du combat fait apparaître, d’après la généalogie du Daito Ryu Aikibudo, la première évocation du Ki, de la respiration et de l’Aikï-in-yo, énergie et souffle vital, faisant partie intégrante de la pratique du Daito Ryu.

Minamoto Yoshimitsu

 

 

La tradition donne comme géniteur de cette école Minamoto Yoshimitsu, grand chef de guerre, dont la particularité fut d’étudier l’anatomie des guerriers tués au combat, dans le but de parfaire ses connaissances martiales. Cet homme fonde ensuite une nouvelle branche familiale sur le territoire de Kaï : les Takeda. L’un des plus illustres représentant de ce clan fut Shingen Takeda, très grand stratège du Moyen-Age japonais. A sa mort en 1573, son fils ne parvient pas à remporter la bataille de Nagashino (1575) et marque ainsi la fin du clan de Takeda de Kaï.

 

 

Une nouvelle lignée est fondée par un membre de la famille Takeda, dans la province d’Aïzu. L’apport technique légué par Shingen est enrichi par les héritiers et prend le nom d’un secret militaire nommé Takeda no Heiho. Ces techniques secrètes vont bientôt être enseignées aux samouraï de la classe supérieure du clan d’Aïzu. L’art martial porte alors le nom de Takeda Ryu Aïkijujutsu. Par la suite, l’enseignement des techniques martiales est confié à la famille Saigo, vassal principale du Han d’Aizu.

 

Takeda Sokaku

Au XIXème siècle, le dernier descendant de la lignée des Saigo, Saigo Tanomo transmet à Sokaku Takeda tout le contenu technique du Daito Ryu (école du grand est). Il s’agit en cette fin de XIXème siècle, d’une école célèbre et réputée, intégrant aussi bien des techniques manuelles que des techniques d’armes (Aiki Bu Jutsu). Le pratiquant est initié à des techniques de projection (nage waza), à des techniques d’immobilisation (osae waza), à diverses tecniques d’armes (iai, yari jutsu), ou encore à des techniques pour maîtriser l’adversaire (Torae waza).

Homme d’armes exceptionnel et redoutable combattant, Sokaku Takeda eut un rôle fondamental pour la diffusion de son art qu’il enseignait de façon itinérante à travers tout le Japon. Personnalité controversée, il est considéré par certains comme le dernier samouraï du Japon, à l’heure à laquelle ce pays s’occidentalisait et tournait le dos à son passé.

 

 

Des personnalités qui reçurent son enseignement, on compte des personnages célèbres dont Takuma Hiza (fondateur du Daito Ryu Takumakai) ou encore Morihei Ueshiba qui devient assistant du Maître en 1915 et créera plus tard l’aikido.

Minoru Mochizuki

Le Daito Ryu se diffuse , bien que sous une forme quelque peu modifiée, grâce à l’intervention de Maître Jigoro Kano, créateur du Judo. Il désire en effet préserver les budos traditionnels et met en place le Kobudo Kenkyukaï. Il envoie ses meilleurs élèves étudier d’une part le Daito Ryu Aiki Jujutsu avec Morihei Ueshiba qui avait reçu le Makimono du Daito ryu en 1931, et les techniques d’armes de l’école Katori Shinto Ryu. Parmi ses élèves se trouve Maître Mochizuki Minoru qui jouera un rôle fondamental dans l’introduction de l’Aikido en France et dans la génèse de l’Aikibudo.

Aujourd’hui, le Daito Ryu Aikijujutsu, héritier nous l’avons vu d’une longue histoire, fait partie intégrante du programme Aikibudo, dans le but de préserver l’authenticité de la pratique martiale ancestrale.

A ses côtés, le Katori Shinto Ryu représente l’autre volet de la tradition, celle des techniques d’armes.

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